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Le Bolchévik nº 219

Mars 2017

A propos des syndicats industriels : une précision

Dans notre article de bilan de la mobilisation contre la loi El Khomri (le Bolchévik n° 216, septembre 2016), nous avons écrit : « Nous sommes pour des syndicats industriels regroupant dans un seul syndicat l’ensemble des travailleurs d’une entreprise. » Nous sommes en général contre la division syndicale à tous les niveaux, y compris dans les entreprises, mais cette phrase donne à entendre qu’un syndicat industriel, ce serait un seul syndicat par entreprise, alors qu’un syndicat industriel vise à regrouper dans une seule organisation les travailleurs de toute une branche d’industrie. Comme nous l’avons expliqué dans notre tract de mars dernier contre la loi El Khomri (voir le Bolchévik n° 216, juin 2016), « Une direction lutte de classe chercherait à organiser tous les travailleurs dans un seul syndicat industriel, y compris les CDD, les intérimaires et les sous-traitants, pour en finir avec tous ces contrats au rabais. Une industrie, un seul syndicat ! »

Nous avons expliqué cette position après l’annonce de la fermeture de l’usine PSA à Aulnay-sous-Bois en région parisienne (le Bolchévik n° 201, septembre 2012) :

« Il faudrait élargir la mobilisation non seulement à tout le groupe PSA mais au-delà, y compris à l’ensemble de l’industrie automobile. Il faut lutter pour le partage du travail entre toutes les mains, sans perte de salaire, en étendant cette revendication à tous les travailleurs : non seulement tous les intérimaires doivent obtenir des contrats en CDI, mais aussi ceux qui travaillent chez les sous-traitants comme ceux de Magnetto sur le site de PSA Aulnay, ainsi que dans les usines sous-traitantes externes aux sites de PSA, où les syndicats sont encore plus faibles qu’à Aulnay et où règne souvent l’arbitraire patronal. »

Nous ajoutions que la lutte pour une grille commune de salaires et d’avantages sociaux « pose la question d’un syndicat industriel regroupant dans une même organisation tous les travailleurs employés dans la branche et luttant pour imposer une convention collective qui soit digne de ce nom ». La loi El Khomri rend d’autant plus cruciale la lutte pour des syndicats industriels : en faisant primer les accords d’entreprise sur les conventions collectives valables à l’échelle de branches d’industrie entières, elle va accroître la pression sur les syndicats d’entreprise pour imposer une course à la baisse des grilles salariales entre les entreprises.

Les syndicats sont au fond les organes de base pour défendre la classe ouvrière contre des attaques par la bourgeoisie et ses gouvernements. Le point de départ pour affronter les patrons doit être la plus grande unité possible des travailleurs, ce qui exige que les syndicats englobent le plus possible de travailleurs y compris salariés d’entreprises concurrentes entre elles (SNCF-DeutscheBahn-Veolia, Peugeot-Renault-Toyota, etc.). Nous sommes opposés aux divisions en syndicats concurrents soit par métier soit par tendance politique, qui ne peuvent qu’affaiblir la classe ouvrière pour défendre ses propres intérêts, comme on l’a encore vu en 2016 avec le cassage ouvert des grèves contre la loi El Khomri par la direction de la CFDT.

A cet égard, nous nous appuyons sur les luttes de la Troisième Internationale de Lénine et Trotsky contre les bureaucraties syndicales dirigeant les syndicats dans plusieurs pays capitalistes à l’époque, comme celle du « socialiste » Jouhaux de la CGT française, qui ont provoqué des scissions anticommunistes en excluant les communistes des syndicats. Trotsky écrivait en septembre 1922 :

« La scission des organisations syndicales en France menée pour des raisons politiques par Jouhaux et Cie est un crime tout aussi grave que la conduite de cette clique durant la guerre. Toute tendance ou doctrine a la possibilité de créer son propre groupement au sein de la classe ouvrière. Mais les syndicats sont les organisations de base de la classe ouvrière et l’unité des organisations syndicales est dictée par la nécessité de défendre les intérêts et les droits les plus élémentaires des masses laborieuses. Une scission des organisations syndicales pour des raisons politiques représente tout à la fois une trahison de la classe ouvrière et la confession de sa propre faillite. »

Aujourd’hui encore, les bureaucrates continuent à favoriser les divisions et scissions syndicales. De temps en temps on peut voir des bureaucrates qui dirigent des luttes ouvrières (normalement quand ils sont le dos au mur), comme par exemple l’a fait Martinez, chef de la CGT, face au gouvernement Hollande/Valls lors de la lutte contre la loi El Khomri. Mais fondamentalement, les bureaucrates syndicaux se placent dans le cadre du capitalisme et pratiquent la politique de la collaboration de classes avec leur propre bourgeoisie nationale : ils espèrent satisfaire les travailleurs avec quelques petites miettes jetées par les patrons et le gouvernement, et ils passent des arrangements pour enchaîner la classe ouvrière au système capitaliste afin de protéger et préserver leur propre position de lieutenants ouvriers du capitalisme.

Il faut renforcer les syndicats pour que les travailleurs soient dans la meilleure position possible pour combattre les attaques des capitalistes et de l’Etat bourgeois. Mais pour vraiment gagner, il faut l’indépendance des syndicats par rapport à l’Etat capitaliste, la fin de la politique de collaboration de classes. La classe ouvrière doit se débarrasser de sa direction actuelle procapitaliste en la remplaçant par une direction lutte de classe, avec la perspective d’une solidarité internationaliste avec nos frères et sœurs de classe dans d’autres pays, contre le chauvinisme national et le protectionnisme. La construction d’une direction lutte de classe dans les syndicats est fondamentalement liée au combat pour forger un parti léniniste qui peut mener la classe ouvrière, et derrière elle tous les opprimés, à balayer par la révolution ouvrière tout le système capitaliste raciste et répressif.

 

Le Bolchévik nº 219

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