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Le Bolchévik nº 209

Septembre 2014

Défense des Palestiniens !

Bain de sang sioniste à Gaza

Cet article est traduit et abrégé de Workers Vanguard n° 1050, 8 août 2014.

* * *

« Il faut qu’ils meurent et que leurs maisons soient détruites pour qu’ils ne puissent plus faire de nouveaux terroristes… Ce sont tous des soldats ennemis. » Cette diatribe, publiée par le politicien israélien Ayelet Shaked à la veille de l’opération « Bordure protectrice », exprime de façon génocidaire une idéologie sioniste qui voit froidement les Palestiniens comme des sous-hommes que l’on peut tuer en toute impunité. « Un million d’Arabes ne valent pas un ongle juif », disait de même il y a vingt ans un rabbin israélien d’extrême droite très connu. Cette idéologie est réaffirmée aujourd’hui à travers le massacre de plus de 1 800 Palestiniens, pour l’essentiel sans défense ; 9 400 autres Palestiniens ont été blessés pas la machine de guerre israélienne armée par les Etats-Unis, sous prétexte de riposter aux lancers de roquettes largement inefficaces du Hamas.

A l’heure où nous mettons sous presse, il semble qu’Israël soit en train de retirer ses forces de Gaza. En même temps, Benyamin Nétanyahou a menacé de reprendre les massacres sous prétexte de neutraliser les roquettes et les tunnels du Hamas. Face à la barbarie d’Israël, nous sommes militairement du côté du Hamas contre Israël, sans donner une once de soutien politique à cette organisation intégriste islamique réactionnaire. Défense du peuple palestinien !

Cela fait un mois que la population déjà martyrisée de la bande de Gaza est soumise à un barrage incessant de terreur par l’Etat sioniste. Les missiles pleuvent du ciel et de la mer ; l’artillerie pilonne la population, et 86 000 soldats sont impliqués dans l’invasion terrestre. L’écrasante majorité des victimes sont des civils, y compris au moins 400 enfants. Les villes sont jonchées de corps et de membres en décomposition. Des pâtés de maisons entiers ont été rasés. Des familles entières ont été exterminées. Les femmes et les enfants fuient à pied les missiles et les tirs de mortier.

La bande de Gaza, une des zones les plus densément peuplées du monde, est en ruines. Dans la ville de Gaza et dans d’autres villes se dessine à l’horizon une ligne irrégulière de bâtiments détruits et de minarets abattus. Les infrastructures déjà réduites de Gaza sont dévastées. De nombreuses usines ont été détruites, et l’unique centrale électrique est en flammes. Une population qui devait auparavant vivre avec quatre heures d’électricité par jour va être maintenant contrainte de subsister sans électricité, sans assainissement des eaux ni égouts ; les hôpitaux bondés sont à court d’électricité même pour simplement garder réfrigérés le sang et les médicaments.

Les ignobles médias bourgeois aux Etats-Unis présentent le carnage à Gaza comme s’il s’agissait d’une guerre entre deux camps égaux. Le méprisable présentateur de CNN Wolf Blitzer colporte des histoires horribles de « terroristes » empruntant les tunnels à Gaza. Le New York Times écrit que le Hamas utilise les civils palestiniens dans le ghetto qu’est Gaza comme « boucliers humains ». Le message implicite est clair : il faut absoudre Israël quel que soit le nombre de Palestiniens tués, ces derniers de leur côté n’ayant pas le droit de se défendre. Israël diffuse par avion des tracts disant aux Palestiniens de fuir, rappelant ainsi avec cruauté aux habitants de Gaza qu’ils n’ont nulle part où fuir. Gaza est un camp de concentration encerclé par une barrière électrifiée, une frontière fermée avec l’Egypte et une côte méditerranéenne où patrouille la marine israélienne.

Les Gazaouis n’ont nulle part où se réfugier. Les écoles de l’ONU – qui abritent plus de 200 000 personnes, soit plus de 10 % de la population de Gaza – ont été bombardées à plusieurs reprises. Le 3 août, une de ces écoles a été bombardée par Israël à Rafah, tuant 10 personnes, alors que les responsables de l’ONU dans l’école en avaient communiqué les coordonnées précises à pas moins de 33 reprises aux autorités militaires israéliennes, en leur notifiant la présence dans l’école de 3 000 réfugiés. C’était le septième bombardement par Israël des abris de l’ONU. Le 30 juillet, après avoir annoncé une « pause humanitaire » de quatre heures dans ses bombardements, Israël bombardait un marché à Shejaya où des gens dans la pire détresse essayaient de se procurer de la nourriture. Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 200 blessées dans ce bombardement.

L’actuelle offensive d’Israël contre Gaza dépasse déjà en intensité celle de la campagne de terreur de 2008-2009, baptisée alors opération « Plomb durci », où 1 400 Palestiniens avaient été massacrés. Alors que durant la première et la deuxième intifada (1987-1993 et 2000-2005) il avait fallu des mois et des années pour tuer des milliers de Palestiniens, aujourd’hui on atteint ce chiffre en quelques jours et quelques semaines. C’est la nouvelle « norme » qu’ont établie les criminels de guerre de Tel Aviv.

Derrière la machine de terreur israélienne se tient celle de l’impérialisme américain, de loin plus puissante et plus meurtrière. Susan Rice, conseillère nationale à la Sécurité, a ainsi déclaré : « Une chose sur laquelle il n’y a jamais à se faire de souci, c’est le fait que l’Amérique soutient l’Etat d’Israël. » Le Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) John Kerry réaffirme pour sa part qu’Israël « a tous les droits du monde de se défendre ». Les Etats-Unis arment Israël à raison de plus de 3 milliards de dollars par an d’aide militaire ou autre. Et les Etats-Unis ont annoncé qu’ils autorisaient Israël à puiser dans les stocks américains de grenades et d’obus de mortier positionnés en Israël. Le parlement américain a approuvé le 1er août, par 395 voix contre 8, l’octroi de 225 millions de dollars supplémentaires pour le système de défense anti-missile israélien « Dôme de fer », que les Etats-Unis ont aidé à créer ; au Sénat, le vote a été unanime. A bas l’aide des Etats-Unis à Israël ! A bas l’impérialisme américain !

Les puissances impérialistes européennes ne sont pas en reste derrière les Américains pour laisser les Palestiniens à la merci des sionistes. François Hollande a proclamé le 9 juillet qu’« il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces ». Le gouvernement « socialiste » a interdit des manifestations contre les atrocités des sionistes, et ses flics ont arrêté des dizaines de personnes lors des manifestations à Paris et dans d’autres villes [voir notre article page 9].

La plupart des régimes arabes bourgeois corrompus du Moyen-Orient, Egypte en tête, ont dans les faits pris position pour Israël contre le Hamas. Ils se sont même dispensés cette fois-ci des déclarations bidon de solidarité avec les Palestiniens. En Egypte, le régime d’Al-Sissi est arrivé au pouvoir l’an dernier à l’occasion d’un coup d’Etat sanglant qui a renversé le gouvernement des Frères musulmans, dirigé par Mohamed Morsi. Le Hamas, qui est étroitement allié aux Frères musulmans, est pour le gouvernement égyptien actuel bien davantage l’ennemi qu’Israël. Les médias égyptiens colportent des accusations contre le Hamas (ils rejettent sur lui la responsabilité d’avoir provoqué l’offensive israélienne), à tel point qu’Israël rediffuse les débats télévisés égyptiens à Gaza. Plus significatif encore : l’armée égyptienne, dont l’armement est fourni par les Etats-Unis, a fermé la frontière avec Gaza, bloquant l’entrée des marchandises et la sortie des réfugiés palestiniens vers le Sinaï. A bas l’aide américaine à l’Egypte !

Des manifestations ont eu lieu dans beaucoup de villes contre le bain de sang à Gaza. La Spartacist League/U.S. et les autres sections de la Ligue communiste internationale sont intervenues pour exprimer notre solidarité avec les masses palestiniennes, et pour avancer la seule perspective qui permette d’en finir avec l’oppression nationale des Palestiniens – la révolution socialiste internationale. Ici même, dans le ventre de la bête, nous mettons en avant notre opposition lutte de classe à l’impérialisme américain. Il ne pourra y avoir d’espoir de paix ou de vie décente au Proche-Orient pour les nombreux peuples de la région que lorsque le prolétariat aura renversé le pouvoir de la bourgeoisie par une série de révolutions socialistes.

Mensonges et désinformation sionistes

Israël fonde la sauvagerie dont il fait preuve aujourd’hui à Gaza sur des mensonges qui auraient suscité l’admiration du propagandiste nazi Joseph Goebbels. Les médias bourgeois aux ordres prétendent que les Israéliens vivent sous la terreur des attaques du Hamas. Dans les faits, un total de six Israéliens, dont trois soldats, ont été tués sur l’ensemble de l’année 2013 – et à une exception près, tous l’ont été en Cisjordanie occupée, où des centaines de milliers de colons sionistes, soutenus par l’armée, terrorisent quotidiennement les habitants palestiniens. Quant aux roquettes et mortiers du Hamas, le nombre d’attaques en 2013 était en baisse de 97 % par rapport à l’année précédente, selon les propres chiffres du gouvernement israélien. De fait, des sionistes fascisants ont pris l’habitude d’organiser des pique-niques sur les collines proches de Gaza, à portée de roquette du Hamas. Ils emmènent chaises de jardin, casse-croûte, sodas et bières pour observer les bombardements sur Gaza ; ils se prennent en photo en train de faire des signes de victoire devant les volutes de fumée noire, et hurlent de plaisir lorsque les bombes et les missiles israéliens touchent leur cible.

Le pilonnage de Gaza aurait cette fois-ci soi-disant pour cause l’enlèvement et le meurtre de trois étudiants d’une yeshiva [école religieuse] en juin dernier en Cisjordanie. Sans l’ombre d’une preuve, Israël a immédiatement déclaré le Hamas coupable en ignorant le démenti de celui-ci. On a appris depuis lors que le régime de Nétanyahou savait pratiquement depuis le moment de leur enlèvement que ces étudiants étaient morts. Mais 18 jours durant, le gouvernement a continué de mentir en prétextant être à leur recherche, dans le but de faire monter l’hystérie dans le pays et à l’étranger contre le Hamas. Conformément au but recherché, une vague de terreur fascisante s’est abattue sur les Palestiniens, aboutissant à la torture et à l’assassinat d’un jeune de 16 ans à Jérusalem-Est. Celui-ci a été kidnappé par des sionistes ultras le 2 juillet et brûlé vif.

Au cours de ces 18 jours, Israël a lancé une attaque de grande envergure contre le Hamas en Cisjordanie, détruit des maisons et effectué des raids qui ont tué dix Palestiniens. Plusieurs dizaines de dirigeants de premier plan du Hamas ont été arrêtés ; beaucoup d’entre eux avaient été récemment libérés dans le cadre d’un accord d’échange de prisonniers. C’est en réaction à cela que le Hamas a intensifié ses faibles lancers de roquettes.

La vraie toile de fond de l’actuelle offensive est l’isolement grandissant du Hamas. Il a soutenu dans la brutale guerre civile syrienne les intégristes sunnites insurgés contre le régime de Bachar Al-Assad, et a ainsi perdu l’appui du régime syrien et de ses soutiens (le Hezbollah et l’Iran). Parallèlement, le renversement de Morsi en Egypte s’est traduit par la perte d’un allié crucial à la frontière même de Gaza.

Face à cette situation, le Hamas avait signé un accord pour un « gouvernement d’union » avec l’Autorité palestinienne (AP), l’organisation dominante en Cisjordanie. L’AP avait été au pouvoir à Gaza jusqu’à sa cuisante défaite face au Hamas lors des élections législatives de 2006. Puis l’AP avait été chassée de Gaza en 2007, à la suite d’un violent conflit entre les deux factions, qui fit des centaines de morts. Comme le fait remarquer Nathan Thrall dans un article paru le 17 juillet dans le New York Times : « Israël a immédiatement cherché à saper l’accord de réconciliation, en empêchant les dirigeants du Hamas et les résidents de Gaza de bénéficier des deux plus importants fruits de cet accord : d’une part le paiement du salaire des 43 000 fonctionnaires qui travaillaient pour le gouvernement du Hamas et qui continuent à administrer Gaza sous le nouveau gouvernement, et d’autre part l’allègement des fermetures de frontière imposées par Israël et l’Egypte, qui étouffent Gaza. » Israël a ensuite sonné l’hallali. Sa politique ces dernières décennies a été de séparer Gaza et la Cisjordanie, de les fragmenter et de les traiter comme deux entités séparées.

Gaza était déjà un enfer avant cette offensive. Soumise au blocus d’Israël et de l’Egypte depuis 2007, elle est affamée depuis des années. Le chômage s’élevait à 40,8 %. Plus de 80 % de la population dépendait pour sa survie de l’aide de l’ONU et d’autres agences internationales. Environ 50 % des enfants de moins de deux ans souffraient d’anémie due à une carence en fer. La population des villes de Gaza, Rafah et Jabalya n’avait l’eau courante qu’une fois tous les quatre jours pendant six à huit heures. A bas le blocus de Gaza !

La population palestinienne de Cisjordanie est pendant ce temps enfermée derrière un mur d’apartheid et soumise à une occupation meurtrière de l’armée israélienne, qui n’a pas hésité à tirer sur des manifestants protestant contre le saccage de Gaza. Toutes les troupes et tous les colons sionistes, hors de Cisjordanie et de Jérusalem-Est !

Pour une fédération socialiste du Proche-Orient !

Cela fait plus de 65 ans que les masses palestiniennes souffrent sous la botte de l’Etat israélien, et cette oppression n’a fait que s’intensifier depuis la destruction contre-révolutionnaire de l’Union soviétique en 1991-1992. L’effondrement de l’URSS, qui avait jusque-là servi de contrepoids à l’impérialisme américain, a privé l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) d’un soutien diplomatique et financier capital, ce qui a pavé la voie aux accords d’Oslo de 1993 – des accords parrainés par les Etats-Unis et qui ont consacré le rôle de l’Autorité palestinienne en tant qu’auxiliaire de police d’Israël dans les territoires occupés.

Loin d’amener la « paix » ou de réduire la pauvreté et l’oppression nationale, Oslo et les divers autres accords « de paix » signés par la suite ont rendu encore plus profond le désespoir des Palestiniens. Au moment des accords d’Oslo, les colonies sionistes accaparaient selon les estimations plus de 55 % des terres des territoires occupés ; en Cisjordanie, Israël réservait 80 % de l’eau aux colonies et à Israël proprement dit. Les accords d’Oslo ont laissé de côté la question des ressources en eau et ils ont « remis à plus tard » toute réclamation concernant les terres. Et depuis vingt ans, les colonies se sont étendues pratiquement sans aucune restriction.

La relative liberté de mouvement au sein des territoires occupés et entre Gaza et la Cisjordanie a pratiquement été éliminée. Avec les accords d’Oslo, Israël a énormément accéléré le processus excluant les Palestiniens des emplois peu payés qu’ils occupaient en Israël. Ils les ont remplacés par des travailleurs migrants venus d’Afrique, d’Asie et d’Europe de l’Est, qui sont aujourd’hui soumis à une exploitation brutale et à la répression.

La banqueroute politique des nationalistes laïques de l’OLP a pavé la voie à la montée de groupes réactionnaires anti-femmes, antichrétiens et antijuifs tels que le Hamas, qui avait été favorisé [lui ou son prédécesseur de l’Association islamique] par Israël dans les années 1970 et 1980 pour servir de contrepoids face à l’OLP et aux groupes palestiniens plus à gauche. Oslo et les accords « de paix » ultérieurs constituent l’ultime logique du programme nationaliste de l’OLP. Lorsque 2 000 Palestiniens, surtout des personnes âgées et des enfants, se sont fait massacrer en 1982 dans les camps de réfugiés de Sabra et de Chatila, au Liban, sur ordre de l’armée israélienne, les chefs de l’OLP étaient à l’étranger en train de se faire traiter en hommes d’Etat (sans Etat) et de côtoyer dans les cafés cairotes d’autres nationalistes au verbiage de gauche venant de tout le tiers-monde. Le nationalisme palestinien, comme tout nationalisme, a pour base de prêcher l’unité des opprimés et des exploités avec leurs « propres » exploiteurs et aspirants exploiteurs. Dans cette perspective, les alliés des Palestiniens sont à chercher non dans le prolétariat de la région, mais parmi les bourgeoisies arabes et, à défaut, parmi les impérialistes.

Le conflit entre Israéliens et Palestiniens est une situation de peuples interpénétrés, où deux populations qui s’opposent revendiquent le même territoire. Cela signifie que sous le capitalisme, l’exercice de l’autodétermination nationale par l’une de ces populations se fera inévitablement aux dépens de l’autre. C’est uniquement dans une fédération socialiste du Proche-Orient que les revendications concurrentes de territoire et de ressources pourront être équitablement résolues.

La moitié de la population palestinienne vit hors des territoires occupés. Cela souligne le fait que l’émancipation nationale des Palestiniens, y compris le droit de tous les réfugiés et leurs descendants au retour dans leur patrie, nécessite des révolutions ouvrières non seulement pour briser de l’intérieur l’Etat sioniste, mais aussi pour balayer le royaume hachémite de Jordanie, les bonapartistes baasistes syriens et les capitalistes au pouvoir au Liban ; ce sont des pays qui tous comptent de conséquentes populations palestiniennes opprimées.

Les marxistes authentiques reconnaissent le droit des Juifs israéliens, tout autant que des Palestiniens, à l’autodétermination nationale. Israël a pour origine un Etat colonial sioniste fondé sur l’expulsion en masse de la population arabe ; mais ce fait historique n’a aucun rapport avec le droit d’exister qu’ont les descendants de ces colons, comme l’ont tous les peuples. Nous rejetons l’idée qu’il y aurait des peuples « progressistes » et des peuples « réactionnaires » ; ce sont les classes dominantes et non pas des nations entières qui sont responsables d’affreux crimes contre l’humanité, ceux du passé comme ceux du présent – ceux commis par les nazis allemands, les sionistes israéliens ou les impérialistes américains.

Nous luttons pour détacher la classe ouvrière juive israélienne de sa classe dirigeante sioniste, pour qu’elle reconnaisse les travailleurs des pays arabes comme ses alliés de classe et qu’elle défende les droits nationaux des Palestiniens. Certes, cette perspective semble très éloignée. Ces dernières décennies, la société israélienne a très considérablement évolué vers la droite. Même si 130 adolescents courageux ont refusé d’être incorporés dans l’armée par opposition à l’occupation des territoires palestiniens, un sondage récent indique qu’environ 95 % des Juifs israéliens soutiennent l’offensive d’Israël contre Gaza.

Les manifestations libérales dans des villes comme Haïfa et Tel-Aviv contre l’offensive israélienne sont restées petites, ce qui a encouragé des contre-manifestants fascistes à les attaquer avec des pierres et des tuyaux de plomb, en scandant « mort aux Arabes ! » et « mort aux gauchistes ! » Quand les flics ne répriment pas tout simplement les manifestations libérales, ils enferment les manifestants dans des zones où ils peuvent facilement se faire attaquer, ou quittent simplement la scène. De leur côté, les « citoyens » palestiniens d’Israël sont confrontés à un harcèlement brutal et à la violence en raison de leur opposition au bombardement et à l’invasion de Gaza.

Israël n’en est pas moins une société divisée en classes sociales, avec un prolétariat composé non seulement de travailleurs juifs mais aussi de Palestiniens (ainsi que d’une couche de plus en plus nombreuse de travailleurs migrants étrangers). Plus de 25 % des citoyens israéliens vivent sous le seuil de pauvreté, et les disparités de revenus y sont plus fortes encore qu’en Egypte ou en Jordanie. Les Palestiniens constituent environ 20 % de la population israélienne ; ce sont des citoyens de seconde classe, cantonnés dans des zones ségréguées et pauvres et à des emplois peu payés (quand ils ne sont pas au chômage). Beaucoup de Juifs séfarades, même s’ils sont majoritairement sous l’emprise de partis réactionnaires et religieux, souffrent de la discrimination et de la pauvreté. La situation est encore pire pour les Juifs israéliens d’origine éthiopienne.

Seule la classe ouvrière israélienne a la capacité et l’intérêt historique de détruire de l’intérieur l’Etat sioniste. C’est la fausse conscience du nationalisme sioniste, de la religion et du racisme qui lie le prolétariat juif israélien à son ennemi, la classe dirigeante capitaliste. Le fait que le racisme antijuif soit omniprésent dans les pays arabes qui entourent Israël permet à cette classe dirigeante israélienne de faire croire plus facilement au mensonge d’un Etat sioniste « protègeant » les Juifs d’Israël. Le Hamas (et d’autres groupes palestiniens) n’ont aucun scrupule à cibler des civils israéliens lors d’attentats suicides dans les villes. Ces actes sont criminels du point de vue du prolétariat international, et ne font que renforcer la loyauté des Juifs israéliens envers le sionisme.

Il y a en Israël une organisation grotesque, même à l’aune de « socialistes » prêts au suivisme derrière n’importe quoi : le Mouvement socialiste de lutte, section israélienne du Comité pour une internationale ouvrière (CIO) [auquel est affiliée la Gauche révolutionnaire en France]. Le Mouvement socialiste de lutte a sorti le 29 juillet une déclaration (intitulée en français « Gaza : Arrêtons le massacre par des actions de masse ») qui se résume à une critique sioniste de gauche de l’offensive israélienne. Tout en condamnant les bombardements, la déclaration n’évoque pas une fois la position élémentaire qu’il faut défendre les Palestiniens, et encore moins celle de prendre militairement position au côté des forces du Hamas. Le CIO regrette que « la stratégie sécuritaire de droite est un échec sur toute la ligne » parce qu’elle n’a pas réussi à renverser le Hamas et qu’elle a au contraire « semé le désespoir, la désolation, la mort et la destruction » (comme si telle n’était pas la politique consciente d’Israël), et pleure la mort des soldats israéliens lors de l’offensive, en écrivant qu’ils sont morts « pour rien ».

Contrairement à l’invasion de Gaza de 2008-2009, où seuls dix soldats israéliens avaient été tués (dont quatre victimes de « tirs amis »), le Hamas a cette fois-ci infligé quelques pertes aux soldats israéliens, dont 64 ont été tués. Les marxistes ne sont pas assoiffés de sang, mais nous savons que si un grand nombre de soldats israéliens commençaient à revenir dans des cercueils, cela créerait un potentiel pour que s’approfondissent des failles au sein de la société israélienne provoquées par la guerre terroriste du gouvernement contre les Palestiniens. En tant que marxistes, nous ne tirons pas un trait d’égalité entre la violence des opprimés et celle des oppresseurs.

Il est vital de forger des partis marxistes révolutionnaires dans tout le Proche-Orient pour unifier le prolétariat – arabe, perse et kurde, sunnite et chiite, musulman, chrétien et juif – en lutte contre l’impérialisme et tous les capitalistes de la région. La conquête du pouvoir par le prolétariat au Proche-Orient ne sera pas le couronnement de la révolution socialiste. Elle ne fera qu’ouvrir la voie en changeant la direction du développement social. Mais ce développement social ne sera consolidé qu’avec l’extension internationale de la révolution, notamment dans les centres impérialistes avancés et industrialisés.

La défense de ceux qui, dans le monde entier, sont asservis par les impérialistes nécessite de mener la lutte de classe aux Etats-Unis et dans les autres centres impérialistes, avec comme objectif la lutte prolétarienne pour le pouvoir. La Spartacist League est déterminée à se battre pour forger un parti ouvrier révolutionnaire – pour diriger le prolétariat multiracial dans la lutte pour balayer l’impérialisme américain par la révolution socialiste.

 

Le Bolchévik nº 209

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